Le makef et les pierres précieuses de couleur verte en ancienne Egypte

Le makef et les pierres précieuses de couleur verte en ancienne Egypte

La couleur verte des tombeaux et des sarcophages égyptiens

Dans l’egypte ancienne il y avait une certaine confusion dans les mots utilisés pour désigner aussi bien les minéraux précieux comme l’émeraude, le verre coloré et les métaux

Le mafek, ou minéral vert, désignait l’émeraude, le jaspe vert, l’émail vert, les cendres vertes, le verre de couleur verte, etc.

On découvrit ce minéral dans les tombeaux de Thèbes, en monceaux précieux, mis en tas avec l’or, l’argent, le chesbet comme dans le trésor de Ramsès III.

Champollion pensait que le nom de mafek désignait aussi le cuivre ce qui indiquerait une parenté étroite du mafek avec les métaux. La confusion est d’autant plus aisée, que le cuivre est, nous le savons, le générateur d’un grand nombre de matières bleues et vertes.

De même que pour le chesbet, il y a un mafek vrai, qui est l’émeraude ou la malachite, et un mafek artificiel, qui représente les émaux et les verres colorés.

La couleur verte des tombeaux et des sarcophages est formée par la poussière d’une matière vitrifiée à base de cuivre. Le vert de cuivre, malachite ou fausse émeraude naturelle, était appelé en grec chrysocolle, ce qui veut dire:  soudure d’or. C’était la base des couleurs vertes chez les anciens.

Elle se trouvait, d’après Pline, dans les mines d’or et d’argent mais la meilleure espèce existait dans les mines de cuivre.

On la fabriquait artificiellement, en faisant couler de l’eau dans les puits de mine jusqu’au mois de juin et en laissant sécher pendant les mois de juin et juillet. La théorie chimique actuelle explique aisément cette préparation, laquelle repose sur l’oxydation lente des sulfures métalliques.

Le nom d’émeraude était utilisé par les Grecs, dans un sens aussi compréhensif que celui de mafek, à toute substance verte.

Il comprend non seulement le vrai béryl, qui se trouve souvent dans la nature en grandes masses sans éclat mais aussi le granit vert, employé en obélisques et sarcophages sous la vingt-sixième dynastie.

Ces minéraux ont pu servir à tailler les grandes émeraudes qui se trouvaient dans le temple d’Ammon.

C’est au contraire à une substance vitrifiée que se rapportent les célèbres plats d’émeraudes d’un prix infini, dont il est question au moment de la chute de l’empire romain et au moyen âge. Ainsi, dans le trésor des rois goths, en Espagne, les Arabes trouvèrent une table d’émeraude, entourée de trois rangs de perles et soutenue par 36o pieds d’or qui rappelle les descriptions des Mille et une Nuits.

Voir aussi :   Nouveaux minéraux aux propriétés différentes en lithothérapie

On a cité souvent le grand plat d’émeraude, le Sacro Catino, pillé par les croisés à la prise de Césarée, en Palestine, en 1101,et que l’on montre encore aux touristes dans la sacristie de la cathédrale de Gênes.

Ce plat en pierre précieuse verte a toute une légende, on prétendait qu’il avait été apporté à Salomon par la reine de Saba. Jésus-Christ aurait mangé dans ce plat l’agneau pascal avec ses disciples.

On crut longtemps que c’était une véritable émeraude mais des doutes s’élevèrent au XVIIIe siècle. Il fut transporté, en 1809, à Paris, où l’on a constaté que c’était simplement un verre coloré, et il retourna, en 1815, à Gênes.

La valeur attribuée à de tels objets et leur rareté s’expliquent, si l’on observe que la fabrication du verre coloré en vert, opération difficile et coûteuse, paraît avoir été abandonnée sous les Grecs et les Romains.

Pline ne parle pas de ce genre de vitrification, qui était certainement en usage dans l’ancienne Egypte d’après l’examen microscopique des couleurs employées sur les monuments. Cependant nous trouvons parmi les recettes des manuscrits alchimiques un petit traité sur la fabrication des verres, où il est question, à côté du verre bleu, du verre venetum, c’est-à-dire vert pâle.

La confusion entre une série  fort diverse de substances de couleur verte explique aussi la particularité signalée par Théophraste, d’après lequel l’émeraude communiquerait sa couleur à l’eau, tantôt plus, tantôt moins, et serait utile pour les maladies des yeux. Il s’agit évidemment de sels basiques de cuivre, en partie solubles et pouvant jouer le rôle de collyre.

Tous ces détails montrent de nouveau une même dénomination appliquée à un grand nombre de substances différentes, assimilées d’ailleurs aux métaux : les unes naturelles, ou susceptibles parfois d’être produites dans les mines, en y provoquant certaines transformations lentes, comme la malachite. D’autres sont purement artificielles.

On comprend mieux la confusion des idées des anciens, ainsi que l’espérance que l’on pouvait avoir de procéder à une imitation de plus en plus parfaite des substances minérales et des métaux.

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