Des météorites d’une vie vendues aux enchères

Des météorites d'une vie vendues aux enchères

Des pierres venues de l’espace, collectionnées durant vingt ans par Gérard Merlier, seront vendues sur Internet sur le site de la maison Rouillac jusqu’au 28 février.

Vingt ans après avoir trouvé son premier caillou venu du ciel dans un désert de Libye, M. Merlier le porte toujours sur lui et sort de sa poche une petite pierre arrondie noire. «Elle était encore molle quand elle est arrivée», explique-t-il en montrant son côté plat. «Une larme de l’espace», selon lui.

Des enchères sur internet ont commencé au début du mois avec des tranches mises à prix 80 euros sur le site internet de la maison de ventes Rouillac, commissaire-priseur à Tours, et vont durer jusqu’au 28 février. Ce jour-là les plus belles météorites seront vendues lors d’enchères classiques à Vendôme par le commissaire-priseur.

Visage taillé au couteau, catogan, traits burinés, 63 ans, il était ouvrier du bâtiment et a pris sa retraite il y a un an.

Toutes ses pierres, sans exception, ont été confiées au Muséum d’Histoire naturelle pour les authentifier, assure-t-il. Celui-ci en a prélevé quelques grammes, les a enregistrées, et lui a renvoyé ses pierres avec un certificat. Les plus intéressantes étant l’objet d’une communication dans le Meteoritical Bulletin Society.

Des météorites sur tous les continents

La vie de Gérard Merlier a basculé en 2000 dans un désert où il va rencontrer des chercheurs de météorites.

Au Maroc, il a trouvé la plus grosse pierre, 19 kilos, surnommée «pied d’éléphant».

Elle sera le clou de la vente du 28 février avec une estimation entre 15.200 et 22.800 euros, même si pour lui le plus intéressant ce sont ces quelques grains sur du coton, enfermés dans deux petites boîtes de plastique, trouvés à Ivuna (Tanzanie) et Orgueil (Tarn-et-Garonne) provenant de deux comètes.

Pas besoin de détecteur, ni de pelle pour détecter une météorite: un aimant, une loupe et un sifflet pour communiquer suffisent. Toutes les pierres noires, plutôt rondes et magnétiques sont examinées. En espérant découvrir un trésor caché: de la sidérite qui vient du cœur d’un astéroïde, à la pallasite en arrivant aux plus précieux, mais moins spectaculaires, grains de comète.

Chaque année, raconte Merlier, environ 500 météorites de plus de 200 grammes tombent sous l’attraction terrestre, 150 touchent le sol, les autres se perdent dans les océans. Seulement une vingtaine est découverte.

En France depuis le début du XIXe siècle (époque où il fut reconnu que les météorites venaient de l’espace)  les découvertes sont rares: une tous les six ans en moyenne pour une pierre de plus de 200 grammes.

L’an dernier, après la chute d’une météorite surnommée Black Beauty à Tissint (Maroc) 8.000 personnes déambulaient autour du village. C’était une météorite Martienne, le gramme s’est vendu 10.000 euros».

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