Les pierres précieuses des dents des Mayas

Les pierres précieuses des dents des Mayas

Incrustations rituelles de pierres précieuses contre les mauvais esprits

De nombreux cranes avec des dents ornementées d’incrustations lapidaires circulaires sont parvenues aux anthropologues de plusieurs régions et d’époques différents de la civilisation Maya. Il s’agit bien d’une manifestation typiquement maya dont on ne connaît aucun texte, aucune description si ce n’est que le résultat, sachant qu’à d’autres époques d’autres civilisations, ailleurs dans le monde, ont exécutés des rites semblables. Cet ensemble de dentitions d’amérindiens issu des collections de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire du Mexique a fait l’objet d’études approfondies, connaissant les techniques mayas, permettant d’émettre de solides suppositions quant à leurs réalisations.

Il semblerait que ces ornementations ne soient pas particulièrement destinées à un groupe social déterminé, ni particulièrement plus à des hommes qu’à des femmes. Les buts de ces incrustations devaient être rituels de protection, religieux et esthétiques, avec peut être recherche d’un pouvoir protecteur de talisman contre les mauvais esprits.

Ces incrustations devaient demander un certain courage, nécessitaient beaucoup de temps pour leur réalisation par des spécialistes, la fourniture de pierres précieuses, donc destinées à certains membres choisis.

Les incrustations lapidaires ont été exécutées en grande majorité sur les faces vestibulaires des incisives et canines supérieures, rarement sur les dents du bas et exceptionnellement sur des prémolaires. Leurs symétries et la qualité des pierres précieuses incrustées privilégient incontestablement une fonction esthétique. Elles sont circulaires de 3 à 4 mm de diamètre avec une épaisseur de 1 à 3.5 mm. On retrouve comme pierres précieuses ornementales l’hématite noire à rouge, le jade et jadéite vert clair à bleu gris vert, les pyrites, les turquoises pierres bleu vert, l’obsidienne grise à noir, le cinabre rouge cannelle à écarlate, magique pour les Mayas.

Aucun instrument dentaire n’a été retrouvé.

Les préparations des cavités pour incrustations, parfaitement rondes, ont très probablement été exécutées à l’aide de porte-forets à arc ou porte-forets à va et vient, entrainés par enroulement déroulement d’un cordon sur l’axe avec volant d’inertie, équipés de pointes en basalte ou silex.

Un premier trou central de perçage devait être pratiqué. Ces forets, pointes pleines ou creuses (peut être en cuivre) activaient des poudres de silex ou de quartz pour user l’émail et la dentine. La précision des cavités, leur remarquable symétrie, nous oblige à envisager des bandeaux guides de perforations des forets sans doute en cuir. d’une manière générale les ajustages des pierres à incruster dans les cavités, réalisés par taille et usure de finition, étaient exceptionnellement précis assumant déjà une bonne rétention, condition obligatoire pour persister en bouche.

Cependant un produit de comblement à base de calcium et phosphate de silicium a été analysé au niveau de certains inlays lapidaires, de même qu’une résine à base de sèves d’orchidée relativement collante servant sans doute de liant dans d’autres cas.

Les anthropologues ont naturellement radiographié les dents et cranes et n’ont pratiquement pas constaté de réactions apicales, pas d’atteinte pulpaires importantes (rares exceptions). Cependant de nombreuses rétractions pulpaires confirment que ces incrustations avaient bien été effectuées ante mortem et non pas post mortem comme l’on supposé certains chercheurs.

nombreuses mutilations dentaires

Bien plus faciles à réaliser de nombreuses mutilations dentaires de toutes sortes ont été, et sont toujours, pratiquées par de nombreuses ethnies aux quatre coins du monde. Chez les Mayas elles étaient parfois associées à des incrustations lapidaires.

L’observation de tous ces travaux exécutés en bouche prouve l’habileté des dentistes mayas et la qualité des réalisations des remarquables résultats esthétiques.

On est vraiment en admiration devant ces exceptionnelles incrustations lapidaires réalisées grâce à l’incroyable dextérité des odontologistes mayas qui participent de cette manière à la pérennité des civilisations amérindiennes précolombiennes.

Photo : ASPAD

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