Pierres précieuses en magie


Pierres précieuses en magie

La tradition attribue différents pouvoirs magiques aux pierres précieuses et semi-précieuses.
Les hommes primitifs voyaient déjà dans certains minéraux des intermédiaires entre la créature et la divinité.

Pierres précieuses en magie
Pierre agate de feu

Dès la plus haute antiquité les prêtres accordaient à quelques pierres choisies un pouvoir bénéfique ou maléfique, le pouvoir de guérir.

Les artisans de la préhistoire qui taillèrent le silex, la calcédoine ou l’agate pour en faire des outils, ne se doutèrent pas que des millénaires plus tard, leurs descendants allaient sacraliser ces pierres polies, les baptiser “pierres de tonnerre” ou “pierres de foudre” comme si, filles de l’éclair, elles étaient tombées du ciel.
Pline affirmait que le choc des orages donnait aux nuages la dureté du cristal, et que c’est la foudre en les brisant, qui les dispersait dans la nature en morceaux vitrifiés.
Durant des siècles, les pierres taillées furent aussi le symbole de la fertilité et de pouvoir surnaturel. Placées dans les fondations, les murs ou le faîte des maisons, ces pierres magiques les protégeaient de la foudre, du mauvais oeil, ou des jeteurs de sorts.

Pointes de flèches et de javelots, haches, limes et polissoirs servirent aussi de talismans porte bonheur, jusqu’à ce qu’au 18e siècle Nicolas Mahudel mît un point final à ces belles légendes, en démontrant que ces pierres ouvragées étaient tout simplement le produit d’un travail humain.

D’antiques traditions vont jusqu’à prétendre que les pierres précieuses sont vivantes et peuvent à leur tour donner la vie, qu’elles naissent de la roche, après avoir mûri en elle, tels des fruits minéraux.
Nos ancêtres pensaient que les météorites, ces pierres noires tombées du ciel, étaient des pierres de magie habitées par un dieu protecteur et guérisseur.
Si la pierre brute fut considérée comme une matière passive, la pierre taillée par Dieu ou par les hommes, indiquait le passage de l’âme obscure à l’illumination de la connaissance divine.

Ainsi le bétyle marque l’endroit où Dieu est lui-même descendu sur terre.

Le christianisme naissant conserva ici et là ces superstitions populaires, se contentant de les assimiler, en gravant les pierres sacrées d’une croix symbolique, les marquant ainsi de son sceau.

Nos campagnes fourmillent d’exemples:
Contre le “mauvais oeil”, les Savoyards portaient du quartz brut, ou une pyrite appelée aussi “pierre de santé”.

Pyrite la pierre de santé
Pyrite la pierre de santé

Contre les envoûtements, les Berrichons usaient de la “Malfoudre”, une pierre de volcan taillée et polie.
Dans le Dauphiné, c’était la pierre de Saint-Vincent, pierre noire magique en forme d’étoile, la “Pierre de Digne” qui protégeait du mauvais oeil” et des maladies.
Dans le Langudeoc, c’était l’oursin fossilisé qui éloignait les esprits mauvais.
La tradition populaire variait d’une province ou d’un pays à l’autre.
On portait les précieuses pierres de magie sur soi, en sautoir, sous forme de collier, de bracelet, de pendentif ou de bague.

Certaines pierres étaient posées sur le corps du malade à l’endroit où il souffrait ou “chargeaient” l’eau en séjournant, de quelques heures à quelques jours, dans la cruche familiale, donnant “l’eau de cristal” ou “l’eau de saphir”.

Aux frontières de la médecine, de la religion et de la magie, ces croyances attribuaient des vertus et pouvoirs magiques aux pierres les plus précieuses.

———
Pierres précieuses en magie

voir aussi